La petite fille de Borodine

Pour le premier post de 2011, je vous propose un morceau sublime, en une seule version. Peut être qu’il en existe d’autres, mais le quatuor Alcan habite tellement bien cet air que je n’ai même pas envie de découvrir ce que d’autres ont pu en faire. Il s’agit du magnifique Second Quatuor à Cordes en ré majeur de Borodine, compositeur russe assez peu connu en France, qui a pourtant fait quelques « tubes » que je posterai un de ces quatre.

Vous avez le choix du support : vous pouvez écouter le morceau en entier (quatre mouvement) sur le player deezer ou bien sous la forme d’une vidéo : en effet, le troisième mouvement a été utilisé pour illustrer le conte « la petite marchande d’allumettes » en dessin animé muet, six minutes absolument poignantes, à s’en fendre le coeur .

La version entière (quatre mouvements)

Je suis désolée, pour une raison qui m’échappe, ce player joue les mouvements dans le désordre… Il vous faut cliquer sur les flèches pour changer la piste. J’ai un faible pour le premier mouvement.

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La version animée (troisième mouvement seulement) : attention, risque de larmounette!

Sur ce, je vous souhaite à tous une excellente année 2011!

PS : non, décidément, je ne peux pas vous laisser terminer sur cette petite fille mourant de froid dans la neige, c’est vraiment trop barbare, ce conte. Je préfère ce qu’en a fait mon dessinateur préféré Boulet sur son blog (c’est de la bédé, rien à voir avec la musique classique)

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« Moi, j’aime pas la musique classique » – volume 1

Que faire écouter à quelqu’un qui n’aime pas la musique classique pour lui donner envie? Radio Classique a déjà planché sur le thème en sortant un coffret, il y a quelques années, spécialement dédié à ceux qui n’ont jamais écouté de musique classique , avec quelques morceaux très connus, entendus dans des films ou des pubs.

A mon tour de jouer à ce petit jeu, surtout que j’ai quelques idées sur la question. Je dirais qu’il faut réunir quelques ingrédients pour briser l’aspect élitiste et difficile d’accès de la musique: un air connu (plus facile à suivre), des interprètes charismatiques, de l’émotion ou un côté marrant, ludique.

J’ai envie de commencer cette série de billet par un énorme tube entendu mille fois, la Marche Turque de Mozart.

Pour vous la remettre en mémoire, la voici d’abord dans une version tout ce qu’il y a de plus standard, telle qu’on déjà tous stocké quelque part dans nos mémoires :

Maintenant, on va s’éloigner un peu des sentiers battus avec la version de cet espèce d’animal de l’espace qu’était Glenn Gould, qui détache chaque note, dissèque le morceau à allure lente en faisant des bruits bizarres avec sa bouche.

Ce genre de morceau se prête facilement à la performance, comme le montrent ces deux guitaristes polonais qui l’inteprètent à deux sur une guitare (version un peu plus punchy que celle de Glenn Gould)

Enfin, histoire de se marrer un peu, voici la version du grand pianiste turc Fazil Say qui lui, part carrément en vrille au bout de quelques mesures, assez rigolo.

Merci à tous ceux qui m’envoient des vidéos de musique! N’hésitez pas à en faire profiter tout le monde, et mettez les plutôt en commentaire !

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Et Satan conduit le bal..conduit le bal !

En ces temps de fêtes de noël, j’ai envie d’être diabolique et de vous balancer de la musique de païen dans les oreilles. Une musique complètement réjouissante d’ailleurs, un extrait d’opéra de Gounod, « Faust », dans lequel Mephistophélès harangue la foule.

Je suis allé vous pêcher cette version géniale sur un sombre youtube de l’est, vous allez donc devoir vous farcir de la de pub en roumain mais cela en vaut la peine. Bryn Terfel est pour moi l’équivalent masculin de Bartoli , en plus de sa voix magnifique et profonde, c’est un excellent acteur, qui vit son texte avec tout son corps, il est absolument diabolique. Il a également l’avantage d’avoir une diction excellente, qui fait qu’on comprend tout son texte (en français) sans difficulté, ce qui sera moins le cas des deux autres versions.

Version 1 : Bryn Terfel

Si à la fin de cette vidéo géniale, vous n’êtes pas en train de crier « et Satan conduit le bal », avec un rire sardonique, debout sur la table du salon, c’est que vous ne l’avez pas écouté assez fort.

Version 2 : Boris Christoff

La deuxième interprétation digne d’intérêt que j’ai trouvée, c’est celle de Boris Christoff. Lui aussi très expressif malgré une raideur toute soviétique, il a lui aussi des mimiques diaboliques (tout est dans la conjonction sourire- sourcils)



Version 3 : Ruggero Raimondi

Je vous mets enfin cette troisième version, pour la magnificence du veau plus que celle du chanteur, j’espère qu’il ne m’en voudra pas (le chanteur, pas le veau) :

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L’éloge du piano

J’ai fait du piano pendant plus de dix ans, ma maman m’en a joué toute mon enfance, c’est donc l’instrument qui a formé mon oreille musicale et que je place donc, arbitrairement et subjectivement, au-dessus de tous les autres. Je pense, en gros, que le piano peut exprimer une richesse que seul un orchestre ou à la rigueur un groupe de chanteurs talentueux peut espérer égaler, et encore.

Il y a des compositeurs qui ont su utiliser cette complexité du piano, cette finesse, pour en faire des oeuvres qui, lorsqu’elles sont interprétées par un musicien suffisamment talentueux, nous transportent. Là, on a une conjonction de trois gros génies, l’instrument, d’abord, ce piano qui est si supérieur aux autres instruments, le compositeur, ensuite, Beethoven, et l’interprète, Vladimir Horowitz. Je ne prends pas de risque, évidemment, faire écouter Beethoven par Horowitz, c’est comme regarder une comédie avec Louis de Funès ou choisir des macarons Ladurée, c’est un peu la référence en la matière, le classique, la valeur sûre.

Ce qui m’inquiète, c’est que j’ai à grand peine rempli un paragraphe sur la supériorité du piano, mais je n’ai aucun mot pour décrire en soi cette sonate numéro 23 en fa mineur « Appassionata ». Or, j’ai tellement d’oeuvres pour piano à poster qui sont en soi si complètes qu’elles se suffisent à elles-mêmes, qu’est ce que je pourrais bien vous raconter lorsque leur tour viendra?

Comme je suis sympa, je mets les trois mouvements. Mais au cas où vous auriez la flemme, là tout de suite, écoutez au moins le premier, il vaut vraiment le coup. Bon dimanche!

Sonate 23 en fa mineur « Appassionata », Beethoven, par Vladimir Horowitz

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Sacrément agitée par les vents

Une seule vidéo aujourd’hui, d’une petite dame que vous allez revoir souvent en ces lieux car je suis dingue d’elle : Cécilia Bartoli. L’air qu’elle interprète est techniquement très difficile, extrait de « La Griselda » de Vivaldi, qui s’appelle « Agitata da due venti ». Là, pour le coup, ce qui est obsédant, ce n’est pas tant l’air que la dame elle-même! Même si vous n’aimez pas l’opéra, ni le chant, ni Bartoli, ni la musique classique (mais, que faites-vous sur mon blog alors?), jetez un coup d’oeil, simplement pour le spectacle.

Agitata da due venti, extrait de « La Giselda », Verdi, par Cécilia Bartoli


Ses mimiques sont extraordinaires, sur cet extrait en particulier, elle semble complètement possédée par son morceau, tout en entraînant les musiciens avec elle. Matez un peu le violoniste à 1.42 qui prend complètement son pied derrière elle pendant qu’elle chante. On voit les archets tressaillir en parfaite symbiose avec la diva. Regardez-la, ensuite, vers 3.50, avec ses yeux écarquillés, sa bouche grande ouverte, sa poitrine qui tressaille, elle se grandit, elle est littéralement aspirée vers le plafond. Il a dû se passer quelque chose de particulier, dans cette salle de concert, à en juger par le tonnerre d’applaudissements à la fin du morceau.
Joyeux noël !


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Le Rappel des Oiseaux m’obsède

Je voudrais commencer ce blog d’extraits de morceaux classiques par cet air qui m’obsède. Le compositeur s’appelle Jean-Philippe Rameau, et je le connais très mal, mais c’est la deuxième fois qu’un de ses airs m’obsède (la première fois, c’était tiré des « Indes galantes », dans une version avec la Petibon déguisée en cheftaine iroquoise, je le posterai un de ces quatre).

Pourquoi une telle obsession? Ecoutez-le donc un coup, pour voir. Je pense que c’est une histoire de tension, d’abord, cette tension étrange créée par ces notes répétitives, ces petites notes aiguës qui tintent inlassablement, « tingting, tingting ». Bizarrement, c’est un air qui est aussi très doux. Ils s’agit tout de même d’un « Rappel des oiseaux« , le printemps qui arrive, le renouveau après le long hiver, tout ça. Je pense que l’alliance des deux a quelque chose de paradoxal qui fait que ce morceau sonne si singulièrement à mon oreille. Et à la vôtre, alors?

Donc, ce « Rappel des oiseaux », je l’ai entendu pour la première fois dans cet album de guitare classique par les géniaux frères Assad, magnifique, sublime, génial.

Version 1 : à deux guitares, par Sergio et Odair Assad

Je suis désolée, je suis débutante en blogging, et le seul moyen que j’ai trouvé d’intégrer une musique sur Deezer est sous la forme de ce lecteur qui ne vous donne droit qu’à 25 secondes de musique. Pour écouter l’air en entier, cliquez sur le titre du morceau, vous serez redirigés vers le site de Deezer, où vous pourrez écouter l’air en entier.

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Mais voilà j’avais tellement envie de comprendre cette obsession que je suis allé chercher d’autres versions de ce morceau. J’en ai trouvé une très belle, aérienne et légère, au piano par José Eduardo Martins. Bon, le piano, c’est facile, c’est toujours doux, distingué, intime, il suffit de bien savoir en jouer, notre oreille est habituée.

Version 2 :Au piano, par José Eduardo Martins

Là où ça devient plus tricky, c’est quand on s’aventure à faire un duo guitare-balalaïka, par deux espèces de popoffs de l’est, Denis Penyougin et Marina Garochkina. Bon alors, ils sont russes, hein, donc ils se sentent obligé d’en faire des tonnes, et vas-y que je te hausse les sourcils, que je te frétille de la stache-mou, que je te balance des petits regards complices et qu’on est à fond rubato-slavo-sentimentaux. Le son de la balalaïka est métallique et vieillot, on a toujours l’impression que la note qui va en sortir sera fausse, on a peur, le suspense est insoutenable, on reste sur le fil du rasoir et…en fait non, le son reste juste. L’alliance entre les deux instruments est surprenante, très belle.


Version 3 : Le duo guitare-balalaïka, Denis Penyougin et Marina Garochkina

Je vous laisse découvrir ces trois version. Il en existe plein d’autres sur youtube, notamment au clavecin, mais, moi qui adore le clavecin, les versions que j’ai entendues me déçoivent un peu.

PS : si vous en voulez encore, il y a cette version par le génial pianiste soviéto-slave Emil Gilels que je n’ai pas pu « embedder » ici. C’est beau, hein?

En passant | Publié le par | Tagué , , , , | 3 commentaires